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On n’a rien vu venir

Collectif, illustrations de Aurore Petit et préface de Stéphane Hessel, mars 2012, Alice éditions.

Le roman :

« On n’a rien vu venir » est un roman à 7 voix destiné aux jeunes lecteurs de 10 ans et plus. Il décrit, à travers le regard de 7 familles, l’arrivée au pouvoir du « Parti de la Liberté » et les mesures radicales qui s’ensuivent. Les 7 chapitres présentent diverses facettes de la politique extrémiste d’un parti qui s’est fait discrètement sa place et pour qui la plupart ont voté, parce que ce qu’il disait avait l’air si bien… Un texte qui montre, avec des mots adaptés à son public, les dégâts que peut produire la propagande démagogique, lorsqu’« on n’a rien vu venir ».

Chapitre 1 : Le Parti de la Liberté a gagné les élections. Des manifestations de liesse ont lieu dans toutes les rues, le pays va être débarrassé de la vermine…
Chapitre 2 : La famille de Léonie anticipe les problèmes à venir et décide de partir en voilier, voyager, quitter ce pays qui a choisi de voter pour un tel parti…
Chapitre 3 : Le verdict est tombé pour Walid et sa famille : ils n’ont pas la bonne nuance… Ils ne sont pas blancs, ni blanc cassé, ni beiges, non, ils sont au-delà de la limite acceptable, dans les marron, les bruns et les noirs…
Chapitre 4 : Simon a eu un grave accident il y a quelques années, et a dû être amputé d’une jambe. Aujourd’hui, il a reçu une convocation du Ministère de l’Hygiène Physique et Mentale et il doit être interné dans un centre spécialisé, avec les autres inadaptés de son genre…
Chapitre 5 : C’est la rentrée. Marcus se lève à 6 h 33, heure du « lever national », et enfile son nouvel uniforme pour se rendre à l’école. La discipline des rangs est assurée par les Vigilants, la nouvelle police répressive.
Chapitre 6 : Quand Quentin arrive à la maison, il découvre un de ses deux pères en train de soigner l’autre, qui s’est manifestement fait tabasser, malgré toutes les précautions qu’ils prennent.
Chapitre 7 : Heure de lever fixe, jour de congé fixe, choses qu’on peut dire, faire, manger ou porter… la liste des nouvelles lois et prohibitions s’allonge et des caméras ont été installées dans les domiciles pour repérer les contrevenants…

Pourquoi les auteurs ont-ils décidé d’écrire ce roman pour les plus jeunes lecteurs, qui ne votent pas encore ? Parce que c’est eux qui voteront demain, parce que, dès aujourd’hui, ils peuvent influencer le vote des adultes, de leurs parents. Parce qu’ils sont la conscience politique de demain.
Ce texte engagé est accessible aux plus jeunes lecteurs, dès 10 ans, avant qu’ils n’entrent dans leur période « blasée ». Pour les sensibiliser à la question très actuelle de l’extrême-droite, à l’importance de l’engagement, du vote et, plus généralement, des choix que l’on fait dans la vie.

Comme le montre ce roman d’anticipation (une anticipation moins hypothétique qu’il y paraît…), il est plus efficace d’agir en amont qu’essayer de recoller les morceaux. Le livre se conclut sur un épilogue qui apporte une ouverture positive : des gens ont commencé à se mobiliser et à se regrouper pour essayer de faire changer les choses.Néanmoins, le résultat de cette mobilisation n’est pas connu, on ne sait pas si ça va marcher. Et c’est peut-être ça le plus alarmant du texte : malgré l’investissement et la « résistance » des gens, qui montre qu’il reste de l’espoir, il est peut-être déjà trop tard. C’est AVANT qu’il faut s’intéresser, s’interroger, s’engager… et apprendre à lire entre les lignes.

 

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Le petit livre pour dire NON à la maltraitance

De Serge Bloch , Dominique de Saint Mars, 1998, éditions Bayard

Il y a les disputes de tous les jours, les bêtises, les petites injustices qu’il faut pouvoir refuser.
Et puis il y a les tracas plus importants auxquels il faut savoir dire non absolument. Apprendre à s’affirmer, à se défendre contre les petites et les grandes maltraitances, est le but de ce petit livre à lire en famille.